Micro-chroniques littéraires

Le Maître et Marguerite – Mikhaïl Boulgakov

Chers amis des mots,

Je tiens à vous faire découvrir « Le Maître et Marguerite » de Mikhaïl Boulgakov, publié aux éditions Folio classique. J’ai rencontré ses références dans le roman de Parallel, une jeune femme remarquée sur Scribay. Son propre roman est un pépite, un coup au cœur, que je rêve de voir publié un jour. Et dedans, les personnages parlent du Maître et de Marguerite.

Seulement, c’est un sacré pavé de 718 pages (avec les dossiers explicatifs). La littérature russe que je connais a cela de beau qu’elle est saisissante et poétique ; elle demande donc de l’attention et je savais que ma lecture me prendrait du temps. Par un heureux hasard ou signe du destin, j’ai eu l’occasion de la démarrer grâce à Pteabooks sur Instagram. L’objectif de 20 pages par jour pendant un mois nous semblait réalisable, au vu de nos occupations et nos fatigues respectives.

J’ai malheureusement dû beaucoup plus m’accrocher que je ne le pensais et ma lecture me laisse un sentiment très mitigé. Ma sensation finale est que l’auteur a voulu mettre tout ce qu’il aimait et tout ce qu’il défendait dans un seul roman. Résultat : on ne voit pas le Maître ni Marguerite avant la moitié du récit et la première partie est jonchée de chapitres plus loufoques les uns que les autres. En soi, cela ne m’aurait pas dérangé si le fil conducteur était évident. Mais il ne devient visible qu’à l’apparition de la deuxième partie. Jusque-là, les évènements s’enchaînent en vrac et j’avoue que, si la plume n’avait pas été si jolie et le lien affectif si fort, j’aurais laissé tomber.

Bref synopsis personnel : C’est d’abord l’histoire d’un homme mystérieux, qui semble avoir vécu très longtemps et avoir rencontré beaucoup de monde. Il est accompagné de deux comparses, ainsi que d’un chat qui parle. Au fil du récit sont dispersées des idées à défendre, des idées justes, du point de vue d’un « magicien » farceur pas très sympathique. Ce dernier nous mène pourtant à la baguette vers le Maître (un écrivain raté) et Marguerite (son aimée), ainsi que vers Ponce Pilate. La recherche de la rédemption mènera-t-elle ce couple et ce commandant vers la liberté ou la déchéance ?

Mots couchés dans mon carnet : Le style de l’auteur est plus poétique que dans « Morphine ». On sent de suite l’humour, le grotesque, et la petite touche fantastique qui parsèment le chapitre 1. La fin en plein milieu d’une phrase donne envie de continuer. Il y a aussi beaucoup de questions philosophiques en 20 pages. C’est intéressant.

Le passage sur la foule en p. 93 est si juste. ♥

Les descriptions (mal de tête, effets de la lumière du soleil dans les yeux, etc.) sont très sensorielles.

Début du chapitre 5 : on dirait un fou. Des descriptions, il s’adresse au lecteur, puis rencontre sur un lieu, deux personnages, et il revient vers le lecteur… C’est déroutant. En p. 127-128, on revient à la raison et à la morale, aux moqueries.

Je ne pensais pas qu’Ivan Nikolaïevitch serait si jeune.

p. 179, on commence à deviner qui est le protagoniste qui n’en est pas un. Mes soupçons se vérifient plus tard.

Les p. 207 à 207 sont très immersives au niveau des descriptions. Le chapitre 11 également. Le chapitre 13 est enfin passionnant. La p. 250 très immersive et sensorielle à son tour, bien qu’il y ait une absence de sensualité. Les p. 256 et 257 sont aussi prenantes.

Le chapitre 16 est très immersif et rattrape ma déception des deux précédents qui revenaient en arrière. Le côté « passé », historique, est très intense.

Je me suis toutefois perdue au chapitre 17 et n’ai pas compris ce qu’il faisait là, ce qu’il apportait au récit. Le chapitre 18 est assez absurde aussi, ça n’en finit pas… Les facéties du protagoniste qui n’en est pas un ne sont même plus drôles.

En revanche, la p. 369 est magnifique. ♥

Azazello est très drôle en p. 382. Le chapitre 20 est complètement fou, mais les descriptions sont belles. Je trouve étonnant ensuite que Marguerite devienne… ce qu’elle devient. L’univers et particulièrement les personnages me font penser à Supernatural (la série biennnnn plus moderne).

Passage absolument absurde en p. 416, lorsque Marguerite trouve la maison trop grande…

Les femmes sont toutes complètement nues…

Scandale en p. 443 sur une accusation.

L’auteur a une sacrée imagination sur l’Enfer !

Le chapitre 24 est mon préféré. Tout le livre aurait dû être comme ça. C’est plus fluide, plus clair dans l’absurde et l’intrigue avance sans t’éterniser. Le chapitre 25 est dans la lignée des autres comprenant Ponce Pilate, j’aime beaucoup. C’est cohérent, clair, rédigé très joliment et ça fait voyager. Inspiration.

La sensorialité est les sentiments sont très présents dans le chapitre 26. ♥

C’est saisissant, mais je n’ai pas compris pourquoi Ponce Pilate commet ce meurtre.

Je trouve le chapitre 27 si ennuyant, qu’en arrivant à la scène d’action, je ne m’en rends pas compte. Le résumé de l’enquête n’est pas nécessaire !

J’ai beaucoup aimé le chapitre 30, même si les protagonistes… deviennent ce qu’ils deviennent.

Le chapitre 32 est sublime, très émouvant. Histoire triste en p. 621 concernant les chats noirs ; très bien trouvé.

Résumé : 5/6
Narration :
4/6
Ambiance/Environnement :
5/6
Personnages :
4/6
Fin :
6/6
Moyenne :
4.8/6

C’est un classique à découvrir, mais ne vous attendez pas à rencontrer le Maître et Marguerite avant la moitié du bouquin. La narration est magnifique, tantôt humoristique, tantôt mélancolique. Néanmoins, elle est décousue et j’ai eu peine à rester accrochée au fil rouge, particulièrement dans la première partie. Je conseille plutôt « Morphine » de Boulgakov pour mieux appréhender sa plume.

Vous ai-je quand même donné envie de lire « Le Maître et Marguerite » ? Quels sont vos classiques préférés ? Quels ouvrages me conseilleriez-vous ? Avez-vous lu ce livre ? Si non, prenez le temps une fois dans votre vie.

À très bientôt entre nos lignes. ❤

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